27 novembre 2007
Jacques Prévert
Vous pouvez consulter sa biographie et lire d’autres poèmes sur le site suivant:
http://lapoesiequejaime.net/prevert.htm
Le Cancre
Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.
Page d’écriture
Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize...
Répétez! dit le maître
Deux et deux quatre
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize.
Mais voilà l'oiseau-lyre
Qui passe dans le ciel
L'enfant le voit
L'enfant l'entend
L'enfant l'appelle:
Sauve-moi
Joue avec moi
Oiseau!
Alors l'oiseau descend
Et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez! dit le maître
Et l'enfant joue
L'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
Huit et huit font seize
Et seize et seize qu'est-ce qu'ils font?
Ils ne font rien seize et seize
Et surtout pas trente deux
De toute façon
Et ils s'en vont.
Et l'enfant a caché l'oiseau
Dans son pupitre
Et tous les enfants
Entendent sa chanson
Et tous les enfants
Entendent la musique
Et huit et huit à leur tour s'en vont
Et quatre et quatre et deux et deux
À leur tour fiche le camp
Et un et un ne font ni une ni deux
Un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
Et l'enfant chante
Et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants
Écoutent la musique
Et les murs de la classe
S'écoulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
L'encre redevient eau
Les pupitres redeviennent arbres
La craie redevient falaise
Le porte-plume redevient oiseau
Commentaires
Les feuilles mortes
Je n'en savais pas mais notre livre dit que le poème "Les feuilles mortes" a été ecrit par Jacques Prévert
Profitons-en!
http://es.youtube.com/watch?v=KqRSwcO38C4
Álvaro.
poèmes d'automne
Merci ,Alvaro, pour le site où l'on peut écouter Yves Montand chanter "les feuilles mortes". Voilà les paroles de la chanson:
LES FEUILLES MORTES
paroles: Jacques Prévert
musique: Joseph Kosma
Oh! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.
C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai!
C'est une chanson qui nous ressemble
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Je ne peux résister à vous présenter un autre poème, celui-ci de Verlaine ( poète du XIXº siècle) où l’automne, paisaje extérieur, est le reflet de l’état d’âme du poète, paisaje intérieur. Remarquez les nasales et les liquides de la 1º strophe , violon mélancolique. Remarquez également le rythme des vers 4/4/3, qui rappellent les feuilles bercées par le vent, ce vent mauvais qui l’emporte.
Chanson d'automne
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte
paysage
Vous avez dû remarquer sur le message précédent, que paysage est écrit en espagnol, l'ordinateur ayant corrigé le mot. Veuillez rectifier, SVP
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